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DE LA VILLE DE PARIS.
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169
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[i56a]
sieurs de Bloys, il feist avancer trois canons pour les admener incontynant devant les murailles, et délibéra mond, seigneur le Connestable de ne loger son armée que la ville ne fut prise. Et y ariva environ les dix heures du matin, et ayant donné ordre partout et monstré luy mesme là où il failloict que l'artillerye fut posée, il s'en vint à pied, trouvant le cappitaine Rosain qui avoict charge de harquebusiers à pied, lesquelz il feist advancer à grans pas et les mena où il failloict qu'ilz demeurassent pour le service du Roy, et avoit grant envye que la.ville refeust en l'obeissance du Roy, ét ne voulloict partir de là qu'il n'eust veu comment tous les affaires se porteroient, et ayant pourveu partout, il fut advisé qu'il disneroict au lieu de la maladerye près les faulxbourgs de Chartres; et fut son disné incontynant apresté. Et estant sorty de table, il s'en alla droict à l'artillerye sans y avoir ung seul gabion ; il fict tirer trois canons en une tour du costé de Saincte Sollaine'1', laquelle tour endura troys ou quatre voilées de canon, et voyant qu'elle faisoict grande ouverture, ceulx de dedans se commencerent à fâcher, et pour la craincte se retirèrent dedans l'eaue, à travers les boys et autres lieux où ilz se pouvoient sauver et retirer pour leur surette ; il n'y fut tué homme des nostres, synon que le cappitaine Rossain qui y fut blessé d'un coup de harquebuze, faisant fort bien son debvoir, et où il acquistune fort bonne reputation ; il en garda le lict environ ung mois ou cinq sepmaines, puis après fut fort bien guery.
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La ville de Blois pillée. Le Roy de Navarre et monsieur de Guise ariverènt incontynant devant la ville de Bloys pour empescher que lad. ville ne feust saccaigée par noz gens de pied'2', mais ce fut en vain, car la nuyt et le landemain, les soldars y.entrerent, et y en eut qui eurent grant butin, el y eust grant pityé en lad. ville. L'armée fut logée par tout les faulxbourgs de la ville, et noz gens de pied furent logez aux faulxbourgs de Chartres, là où ilz furent tousjours du costé de l'ennemy, et demoura aud. Bloys lad. ar-niée l'espasse de* six sepmaines, jour pour jour acténdant que noz forces feussent venues'3'. Et pandant led. séjour, en attendant lesd, forces, on ne per-doict poinct de temps ; car à mesure que les estrangers s'aprochoient, monsieur le mareschal de Sainct André et le conte de Villars partirent avecq quelques forces de gens de cheval et de pied et huict ou dix pieces d'artillerye, et s'achemynerent droict à Poictiers W.
L'armée devant Poictiers. En chemyn de Poictiers, lesd, seigneurs mareschal de Sainct André et conte de Villars reprindrent et misrent plusieurs petites villes en l'obeissance du Roy. Led. conte de Villars y feist une deffaicte de mil à douze cens hommes et six ou sept pieces d'artillerye de campaigne <5' ; et après avoir reduict Pothiers'"' en l'obeissance du Roy, ilz envoyèrent vers mess™ d'Angoulesme f', lesquelz n'atendirent pas le canon et se retirèrent où bon leur sembla.
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O L'église de Sainte-Solenne, qui remontait à une haute antiquité, fut renversée de fond en comble par un violent orage en juin 1678 et reconstruite peu de temps après.
(3) D'après les Mémoires de Castelnau, 1.1, p. 98, le roi de Navarre, le duc de Guise, lé Grand Prieur et quelques gentilshommes entrèrent par la brèche, "pour garder que la ville ne fust pillée et saccagée;-; mais ce fut en pure perte, -chacun en prit où il put, quelque ordre et commandement que l'on eust seu faire, et qui ne trouvoit à piller et à prendre y vivoit à discretion.). Les huguenots de Blois, réfugiés à Orléans, se plaignirent au prince de Condé des grandes persécutions et cruautés que l'on faisait endurer à tous ceux de l'Eglise reformée. Dès le 23 juillet, ce prince adressa d'Orléans une lettre au roi de Navarre au sujet des -violences et efforts qu'il soufrit faire en la ville de Bloys, après la prinse d'icelle)), le priant de mettre un terme à ces actes de cruauté et d'inhumanité, et le menaçant d'user de représailles à l'égard de tous les catholiques qui tomberaient entre ses mains. (Mémoires du prince de Condé, p. 685.)
(3) On constate en effet qu'à la date du 4 août l'armée royale était toujours à Blois, attendant l'ordre de marcher sur Bourges; le connétable de Montmorency mandait le 31 juillet à la Reine-Mère qu'il espérait voir "les forces du Roy tantost ensemble)). (Lettres de Catherine de Médicis, t. I, p. 369.)
(*' Poitiers avait été pris trois mois auparavant par "quelques Gascons et bandoliers->, de connivence avec les huguenots, qui vécurent à discrétion sur les catholiques, saccageant et ruinant toutes les églises. (Mémoires de Michel de Castelnau, t. I, p. 99.)
(-' Le Journal de l'année 156a (p. 183) mentionne cette rencontre en ces termes : "Le xviu° de juillet, vinrent les nouvelles comment M. le conte de Villars avoit tue environ de quatorze à quinze cens huguenots, ou pris prisonniers, entre lesquels avoit été pris le capitaine Saint-Martin».
(°) C'est le 2 août que l'on reçut à Paris la nouvelle de la prise de Poitiers par le maréchal de Saint-André, qui y entra par Ia brèche et perdit environ 120 bons soldats, entre autres le capitaine Lagos. Quatre cents huguenots furent tués; leur capitaine, M. de Sainte Gemme, parvint à s'échapper, ainsi que beaucoup d'autres qui, tout en faisant mine de "vouloir se fortifier au milieu de la ville, couloiont par troupes- et s'enfuirent de leur mieux. (Journal de l'année i56n, p. 188.)
(7> Les Mémoires du prince de Condé (p. 687), rapportant la réduction de Poitiers par le maréchal de Saint-André et le comte de
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